
Le Soleil se lève sur
une langue jeunesse
Année de création : 2010
La Grande Cueillette de l’Espoir | A Grande Colheita da esperança | La Gran Cosecha de Esperanza | The Great Harvest of Hope
Le Soleil se lève sur une langue jeunesse est né de 3000 pages écrites par les jeunes du monde. Leurs voix tissant une langue d’espoir, de courage et de vérité.
Extrait
« Vous qui nous lisez, si vous nous entendez, dites-nous quoi faire » — Un écrivant
Burkina Faso
Il y a dans la société des jeunes qui ne savent pas qu’ils sont les hommes de demain.
Zimbabwe
I feel as if my kids are starving and are going to die of hunger.
Pérou
Siento que nos deshumanizamos cada día mas, siento que nos volvemos hijos de la tecnología mas que de la tierra.
Croatie
My great fear is that I will die alone, without anyone who will come to my funeral and visit my grave. So I try to be nice to my family and friends because I think the worst punishment is to be forgotten.
Afrique du sud
(A cry.) We have nothing, we are missing everything, if you can do something, do it! Africa will die young! (…)
Burkina Faso
Pour avoir l’eau, il faut parcourir des kilomètres et des kilomètres.
Brésil
Ou beber a água dos pantanos, das marés e água suja.
Québec, Canada
S’il n'y avait plus assez d'eau pour tout le monde la première chose qui me vient en tête c'est la guerre, une grosse guerre par rapport à ça.
Zimbabwe
J'essaie d'épargner un peu d'argent et peut-être qu'un jour j'achèterai quelque chose pour mes enfants.
Canada
Others can have whatever they want with a snap of their fingers.
Inde
Each day when I wake up I see the rising sun, I see a new day, a new beginning. My life has got no place for surprises. Everyday I get up I feel like today will be the day that will change my life.
Zimbabwe
Ne m'appelez pas Ruines. Parce que je ne suis pas une ruine. Je suis la corbeille à pain de l'Afrique. Je suis une nation bénie. Je dors, mais je m'éveillerai de nouveau. Je suis le Zimbabwe.
Colombie
Me he quedado sin nada y respiro la guerra… Pero no los dejare quitarme lo que me queda, la esperanza.
Philippines
Hope to make a difference in our own way, as small as that may be.
Pérou
La clave es nuestra voz.
Iceland
We can’t control the world, but if you hear this, it is because you are already hearing our voices over others / Nous ne pouvons pas contrôler le monde mais si vous entendez ceci, c’est déjà parce que vous entendez nos voix au-dessus des autres.
Tous
Notre voix est celle de L’Islande, de la France, de la Belgique, de la Croatie, de Taïwan, du Guang Zhou, de Hong Kong, de l’Inde, du Burkina faso, du Zimbabwe, de l’Afrique du Sud, du Québec au Canada francophone, du Canada anglais, de Cuba, des Etats-Unis, du Pérou, de l’Argentine, de la Colombie, du Mexique, du Brésil. Une langue jeunesse qui dépose sa voix dans vos mains pour qu’à votre tour, vous la portiez haut et fort.

Spectacle Le Soleil se lève sur une langue jeunesse
Mot d'Angèle
Tout a commencé à Hong Kong, en 2007. J’avais été invitée par Dan Baron Cohen, président de l’International Drama/Theatre and Education Association (IDEA), à présenter ma démarche de La Grande Cueillette des Mots et à animer une classe de maître de trois jours.
J’y ai rencontré des artistes venus du croissant asiatique, tous portés par le même désir : donner voix à l’humain à travers le théâtre. Ce fut un moment fondateur. De cette rencontre est née une idée aussi audacieuse qu’inattendue : si nous faisions une cueillette à l’échelle de la planète? Une cueillette d’espoir, où la jeunesse du monde prendrait la parole.
Une invitation a été lancée et un projet est né :
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5 continents
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30 pays
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30 jeunes entre 15 et 35 ans
Toutes et tous réunis pour se faire entendre et partager leurs peurs, leurs colères, leurs rêves.
Que veut dire pour eux « ma place », « la différence », « les peurs » « prendre le temps » ? On y a ajouté le thème de l’eau, préoccupation mondiale de l’heure. Nous rêvions d’un dialogue mondial où chaque jeune, peu importe son origine, pourrait écrire dans sa propre voix.
Unir des jeunes de cinq continents autour d’un même mot : Espoir
Cinq cents jeunes écrivants ont rempli leurs carnets de mots, de dessins, de poèmes.Trois milles pages d’une humanité vibrante sont arrivées jusqu’à nous à Sherbrooke en janvier 2010. Avec nos collègues de la Belgique, de Taïwan, du Pérou et du Canada anglais, nous nous sommes attardés à la condensation de toutes ces pages en Français, Anglais, Espagnol, Portugais, Mandarin.
Je me souviens de ces lectures qui nous arrivaient l’une après l’autre comme des déferlantes. De ces journées passées à lire, à pleurer, à rire, à s’émerveiller.
Les jeunes parlaient d’amour, de foi, de solitude, de guerre, d’écologie. Certains priaient, d’autres rêvaient. Tous espéraient. Ils confiaient leurs peurs : perdre un être cher, être seul, mourir. Ils partageaient aussi leur conscience du monde, leur désir d’agir sans toujours savoir comment. Je sentais battre leur cœur collectif, fragile et fort à la fois. « Vous qui nous lisez, dites-nous quoi faire », écrivaient-ils. Ce cri m’a bouleversée.

Une création portée par une langue jeunesse
Nous ne savions pas non plus comment changer le monde, mais leurs mots nous ont traversés comme une promesse. Alors, avec l’aide de Viviane Champagne, j’ai commencé à écrire, à composer, à tisser leur langue commune — cette langue jeunesse qui se cherche, qui veut être entendue, qui nous rappelle que l’espoir n’est pas un luxe, mais une nécessité.
L’écriture du spectacle Le Soleil se lève sur une langue jeunesse fut un acte d’écoute profonde. Chaque texte portait l’empreinte d’un contexte particulier — un pays, une culture, une blessure. Je devais être fidèle à leur réalité en les tissant soigneusement les unes aux autres et m’assurant de préserver la justesse de leur parole. Ces jeunes me confiaient leurs voix, et ma responsabilité était immense : les porter haut et fort.
Belém, été 2010
À l’Escola Bosque-Outeiro, au cœur de l’Amazonie, nous avons répété trois semaines avec vingt-six jeunes artistes venus de quatorze pays et six continents. Entrainements, rigueur, solidarité et fatigue se mêlaient chaque jour pour faire naître une œuvre commune.
Trois jours avant la première, nous avons investi la grande salle ouverte du Parc des Igarapés, baignée de lumière tropicale. Tout semblait impossible, et pourtant, le 25 juillet 2010, le miracle a eu lieu : les voix des jeunes ont résonné à l’unisson devant plus de 1200 personnes du congrès mondial d’IDEA.
Nous portions leurs mots, et eux nous portaient. C’était la fierté, la gratitude, l’émotion d’avoir accompli l’improbable.
Le lendemain, la vie a repris. Un à un, les jeunes artistes ont quitté Belém. Chacun et chacune emportait une part de cette aventure. Chacun était devenu une flamme allumée sur la planète.
Ce jour-là, j’ai su que le soleil s’était vraiment levé sur une langue jeunesse. Et que, par elle, l’espoir avait trouvé son théâtre.

Spectacle Le Soleil se lève sur une langue jeunesse
Résumé du projet de création
« On n’en revient toujours pas, et c’est vraiment sincère, qu’Angèle Séguin ait pu mener ce bateau à bon port. Les embûches étaient nombreuses et souvent de taille inimaginable dans nos contextes de sociétés riches… Petite nostalgie de ces moments uniques.»
— L’équipe des jeunes artistes du monde à Bélmen, Brésil
« C’est une expérience très forte, un moment de lutte, de difficulté dans ma vie. Important de vous connaître, de recevoir autant d’affection. Première participation dans un spectacle aussi riche. Vos connaissances, votre affection, votre soutien, vous êtes maintenant mes amis. Je vais me souvenir de cette expérience toute ma vie.» — Urutaw, membre du peuple indigène aldeia Tembé en Amazonie, Brésil
« C’est la première fois pour moi que l’anglais n’est pas la langue principale. Je suis fasciné par les moyens qu’on utilisait pour essayer de se comprendre. Intéressant d’utiliser tout notre corps. Le travail pour communiquer. Intéressant pour moi de jouer le rôle d’un acteur moi qui suis directeur d’un théâtre à Johannesburg. Le travail de production a été un gros travail, étant donné le peu de temps qu’on avait, on a réalisé quelque chose de bien. » — Bongani de Johannesburg, Afrique du Sud
« Le fait de réussir un travail aussi grand c’est l’investissement de chacun, à l’énergie qu’on y a mise, chacune et chacun a amené quelque chose. C’est aussi le partage avec les gens, mon anniversaire, je n’aurais jamais pensé que des gens que je connaissais que depuis trois jours allaient fêter mon anniversaire. Je retourne complètement différente, plus mature, avec un peu de connaissance de chacune et chacun, c’est le début d’une grande transformation. » — Véronica de Santa Cruz, Bogotá, Colombie
« La Grande Cueillette de l’Espoir – Le Soleil se lève sur une langue jeunesse fût un grand projet. Le fait d’être plusieurs communautés différentes et que les communications étaient difficiles, c’est grâce à la danse, le chant, la musique et plus encore qu’il a été possible de partager et d’échanger. Le plus important : le partage des histoires et des expériences. Tant de travail et un résultat qui a dépassé toutes nos attentes dans un contexte socio-politico-économique qui nous a posé plusieurs difficultés. En effet, Belém si situe au Nord du Brésil, dans la province du Para, à la frontière de l’Amazonie. Le choix de IDEA (International Drama and Education Association) tient grandement à son président de l’époque qui a souhaité attitrer le regard du monde vers la situation des peuples indigènes amazoniens. Cependant, la Crise économique de 2008-2009 n’a pas épargné le Brésil, et encore moins le nord du pays. » — Osp de Reykjavík, Islande
« Il y a tant de raison de désespérer, mais quand je vous vois, il y a autant de raison d’espérer! » — Pierre Javaux, documentariste du projet





Crédits :
Équipe artistique :
Dramaturge et Metteuse en scène : Angèle Séguin
Soutien à l’écriture et Assistance à la mise en scène : Viviane Champagne
Directeur pédagogique et Collaborateur artistique : Cesar Escuza (Vichama Teatro, Pérou)
Directrice du réseau : Sylvia Rolfe (Théâtre des Petites Lanternes, Canada)
Directeur des Jeunes IDEA : Cris Antony Gonzales (Philippines)
Artistes du Québec :
Nathaniel Allaire Sévigny, Sylvie Baillargeon, Alexandre Tessier
Artistes des autres pays :
Urutaw (Aldeia Tembé, Amazonie, Brésil)
Nongodo (Ouagadougou, Burkina Faso)
Clarissa (São Paulo, Brésil)
Guillerme (São Paulo, Brésil)
Leila (Buenos Aires, Argentine)
Pilar (Mexico, Mexique)
Liu (Bahia Salvador, Brésil
Diego (Buenos Aires, Argentine)
Rosa (Quilombola Abaetetuba, Brésil)
Gleice (Cachoeira do Piriá, PARA, Brésil)
Kaio (Belém, Brésil)
Luis (Lima, Pérou)
Sandra (Lima, Pérou)
Israël (Fortaleza, Para, Brésil)
Taires (Belém, Brésil)
Larry (Hong Kong, Chine)
Bongani (Johannesburg, Afrique du Sud)
Iro (Athène, Grèce)
Angélica (Manille, Philippines)
Gift (Johannesburg, Afrique du Sud — Réfugié du Zimbabwe)
Osp (Reykjavík, Islande)
Rita (Taipei, Taiwan)
Roxanna (Lima, Pérou)
Véronica (Santa Cruz, Bogotá, Colombie)
Washington (Belém, Brésil)
Conseillers artistiques :
Jean-Henri Drèze, Théâtre de la Communauté et des Ateliers de la Colline en Belgique
Jean-Pierre Guingané, Théâtre de la Fraternité et de l’Espace Gambidi au Burkina Faso
Adaptation du Carnet de parole : Angèle Séguin, Sylvia Rolfe, Cris Anthony Gonzalez et Dan Baron Cohen
Traduction : Sylvia Rolfe et Vanessa Javaux
Direction musicale : Julie Béchard
Directeur technique, éclairage et son: Michel Charbonneau, accompagné de l’équipe technique du Parc des Igarapès
Assistance à la production et à la documentation : Vanessa Herrmann
Documentation : Pierre Javaux et Vanessa Herrmann
Conseillers d’IDEA et ABRA :
Dan Baron Cohen, President d’IDEA, Brésil
Manoela Souza, Présidente d’ABRA et Coordonnatrice Internationale de IDEA 2010, Brésil
Julio Rafael Caçado Cogo, Directeur d’IDEA 2010, Mexique
Steven Clark, Directeur des projets IDEA, France
Comité de pilotage :
Dan Baron Cohen (IDEA, Brésil)
Manoela Souza (ABRA et IDEA 2010, Brésil)
Julio Rafael Caçado Cogo (IDEA 2010, Mexique)
Steven Clark (IDEA, France)
Cris Antony Gonzales (IDEA, Philippines)
Angèle Séguin et Sylvia Rolfe (Théâtre des Petites Lanternes)
Cesar Escuza (Vichama Teatro, Pérou)
Une production : Théâtre des Petites Lanternes et Vichama Teatro, 2010

Spectacle Le Soleil se lève sur une langue jeunesse
« Les textes proviennent d'environ 30 pays et ont été rédigés par des jeunes âgés entre 12 et 18 ans; ils sont au moins quelque 500! [...] Au terme du processus, ils souhaitent faire ressortir les thèmes récurrents, les craintes et les espoirs qui reviennent. Même jeunes, et même s'ils l'expriment parfois de façon très candide, les enfants ont des réflexions profondes »
« The project, which saw journals full of writing collected from hundreds of youth aged 15 to 25 across the region, is one of several cultural projects granted funding by the Canada Games cultural committee
to create works of art which will coincide and collaborate with the Games in August »